Professionnel de santé paramédical, le
pédicure-podologue exerce un rôle essentiel dans le traitement des affections du pied et de l’appareil locomoteur. Lorsqu’il s’installe en
libéral, il dépend d’un régime spécifique de protection sociale, différent de celui des salariés.
Découvrez dans cette page complète les droits, les obligations et les dispositifs à connaître pour qu'un pédicure-podologue libéral, bénéficie d'une
couverture sociale optimale.
Un régime obligatoire spécifique aux professions paramédicales
Comme toutes les professions de santé exerçant en libéral, le pédicure-podologue doit
cotiser à la Sécurité sociale pour les trois grandes branches :
- Maladie et maternité,
- Famille (allocations familiales),
- Retraite de base et complémentaire.
Les principales cotisations sont versées à :
- L'URSSAF : pour les cotisations sociales (allocations familiales, CSG-CRDS, maladie-maternité, formation professionnelle,…).
- La CARPIMKO : pour la retraite (base + complémentaire) et la prévoyance invalidité-décès.
Mais attention : ce régime obligatoire reste
limité en cas d’arrêt maladie, d’invalidité ou d’accident. Pour se protéger efficacement, il est indispensable de
compléter cette couverture avec un contrat de prévoyance Loi Madelin.
Maladie : indemnités journalières de la CPAM depuis 2021
Depuis 2021, les
professions libérales de santé (dont les pédicures-podologues) bénéficient d’un
droit aux indemnités journalières maladie.
- Délai de carence : 3 jours,
- Indemnisation journalière : du 4ᵉ au 90ᵉ jour d’arrêt de travail,
- Versement : par la CPAM,
- Montant : 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafonné à 3 PASS (Le PASS 2025 est fixé à 47 100 €. 3 PASS =141 300 €. Ce qui donne un plafond d'indemnités journalières à 193,56 € par jour).
Prise en charge par la CARPIMKO à partir du 91e jour d'arrêt
À partir du 91ᵉ jour d’arrêt du pédicure-podologue, c’est la
CARPIMKO qui prend le relais.
Indemnités journalières à partir du 91ᵉ jour
Montant : 55,44 € brut/jour, à partir du 91e jour d’arrêt de travail, et jusqu’à un maximum de 3 ans (période d’incapacité temporaire reconnue).
Majoration pour enfant à charge (2025) : +8,06 € brut/jour.
Majoration pour tierce personne : +20,16 € brut/jour.
Majoration pour conjoint à charge : supprimée depuis 2025.
Durée maximale : 1 095 jours.
Rente d’invalidité
Rente totale professionnelle : 5 040 €/trimestre (soit 20 160 €/an).
Rente partielle (réduction des 2/3 de l’activité) : 2 520 €/trimestre.
Majoration enfant scolarisé : 756 €/trimestre (soit 3 024 €/an).
Majoration tierce personne : 6 048 €/an.
Attention, la rente peut être interrompue si un reclassement professionnel est jugé possible (réforme CARPIMKO 2025).
En cas de décès : rente de survie et capital versés par la CARPIMKO
Depuis 2025, la CARPIMKO prend en compte les conjoints pacsés pour les prestations de décès.
Rente de survie trimestrielle (conjoint) : 2 520 € soit 10 080 €/an.
Rente éducation trimestrielle (enfant) : 1 890 €, soit 7 360 €/an.
Capital décès :38 000 € pour un conjoint sans enfant et 54 432 € pour un conjoint avec enfants à charge.
Ces prestations sont versées jusqu’à la retraite du conjoint survivant ou la fin des études des enfants.
Maternité : indemnités et réforme de 2025
Les
pédicures-podologues bénéficient d’
indemnités maternité à condition d’avoir cotisé au moins 12 mois.
Jusqu’en 2024, la CARPIMKO pouvait compléter les indemnités CPAM pendant la grossesse.
Depuis janvier 2025, ce cumul n’est plus possible : la CARPIMKO ne verse plus de prestations entre le congé prénatal et postnatal.
Pour
maintenir un revenu pendant la maternité, un contrat de
prévoyance privé reste indispensable.
Accidents du travail : pas couverts sans assurance spécifique
Les
accidents du travail et maladies professionnelles ne sont
pas pris en charge par le régime obligatoire des professions libérales.
Seuls les
accidents de la vie privée du pédicure-podologue sont
couverts par la CPAM.
Pour se protéger efficacement, il est fortement recommandé de
souscrire une assurance accident du travail complémentaire.
Bien qu'elle soit facultative, cette couverture est indispensable pour éviter une perte de revenus ou une invalidité non indemnisée.